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 Créations sur papier et tissu : le découpage

Le découpage est un passe temps répandu en Grande Bretagne. En effet, même les débutants peuvent réaliser des décorations de qualité, applicables sur tout support : paravent, cadre, boîte en métal, plateau, etc. Le découpage ornemental est apparu dans l’ameublement pendant la Renaissance, peu après que la diffusion de l’imprimerie eut rendu les images accessibles au public. Des frises imprimées en noir et blanc aux ornements élaborés étaient conçues pour décorer les meubles peints, les cadres. Ainsi, des artisans sans dons particuliers créaient rapidement des motifs imitant la marqueterie ou les incrustations. Ces charmantes imitations alimentaient le commerce et plaisaient au public.

L’engouement pour la laque orientale engendra, notamment à Venise, la production de l’aca contra flatta, autrement dit de fausse laque, réalisée avec des découpages et de nombreuses couches de vernis pour donner au mobilier ce charme un peu fascinant de l’original. Née chez les ébénistes, l’idée se répandit et le découpage, savamment teinté et laqué, fit partie des arts d’agrément pratiqués par les daines à la fin du XVIIIe siècle. Deux siècles plus tard, le découpage est de nouveau en vogue et d’autant plus attrayant que la photocopie, les vernis à séchage rapide et un matériel perfectionné sont désormais disponibles.

Pour les vrais amateurs, il existe deux qualités de découpage : ceux exécutés dans du papier peint, dans des pages glacées de magazine, collés et enduits de résine claire ou de vernis acrylique et ceux, plus sophistiqués, découpés dans des photocopies de gravures. Quoi qu’il en soit, les diverses possibilités qu’offre cette technique sont à la portée de tout amateur possédant une bonne paire de ciseaux. La recherche de motifs constitue une grande partie du travail bien qu’il existe des ouvrages offrant toute une variété de sujets : chénibiris, bouquets floraux, cartouches, bordures architecturales... Si vous voulez reproduire un motif, photocopiez le. Constituez une collection de gravures anciennes, dont vous pouvez acheter des lots pour une somme modique si vous savez chiner. Ne les découpez pas ; là encore, il est préférable de les photocopier. Parcourez les beaux livres en bibliothèque ; la plupart de ces établissements possèdent des photocopieuses. Cherchez de jolis papiers peints ornés de motifs en noir et blanc ou floraux.

Matériaux

Il vous faut une paire de ciseaux, un cutter, du vernis blanc (gomme laque blanchie), de petits tubes d’aquarelle, deux ou trois pinceaux à aquarelle, de la gomme arabique, une brosse de décorateur de qualité et une brosse à vernir. Pour une finition craquelée, procurez vous des vernis Lefranc et Bourgeois à vieillir et à craqueler et de la terre d’ombre à l’huile.

Les objets qui se prêtent au découpage sont les plateaux, les boîtes et les malles, les petits guéridons, les abat jour, les pieds de lampe, les corbeilles en métal, les cadres, le mobilier de chambre d’enfant, les placards d’angle, les nécessaires de bureau, les pots de fleurs... Les boîtes ornées de découpages font de charmants cadeaux, surtout si votre décor s’inspire des initiales du destinataire. Pour cela, utilisez des transferts Le traset ou une forme à calligraphier. En vous entraînant, vous pourrez peindre les lettres vous même à l’encre de Chine et avec un pinceau fin.

Méthode

La surface à décorer doit être lisse, c’est à dire peinte et poncée. Le vert foncé et le noir sont les couleurs de fond traditionnelles. Les couleurs crème, ocre jaune, rouge et mûre donnent aussi de bons résultats. Les vernis Lefranc et Bourgeois jaunissent et assombrissent les couleurs (aussi bien le fond que les ornements), aussi teintez les motifs avec un pinceau doux et très peu d’aquarelle avant de les découper. En règle générale, les couleurs en demi teinte rendent un meilleur effet, surtout sur des ornements architecturaux simples. Une fois la peinture sèche, appliquez sur les motifs de la laque, qui durcira le papier, protégera la peinture et facilitera le découpage.

Utilisez des ciseaux ou un cutter pour le découpage. Il n’est pas nécessaire de cerner les détails les plus fins car le papier risquerait de se déchirer. Vous pourrez combler les espaces vides avec la couleur de fond du motif une fois celui ci collé.

Pour appliquer un découpage, encollez l’envers de gomme arabique. Ce produit, contrairement aux colles actuelles, laisse le temps de procéder à des essais et de changer le papier de place. Une fois l’effet recherché obtenu, pressez les motifs après avoir ajouté de la gomme si nécessaire. Laissez sécher (au sèche cheveux pour plus de rapidité). Vernissez le tout d’une
couche de laque et laissez sécher. Si vous ne désirez pas une finition craquelée, passez un peu de peinture à l’huile terre d’ombre avec un chiffon doux et poncez légèrement pour vieillir la surface. Lorsque l’objet est complètement sec (au bout de 12 heures), appliquez une couche de vernis résistant, mat ou satiné.

Si vous optez pour la finition craquelée, qui unira l’ornementation au fond, peignez l’objet avec du vernis à vieillir ; vérifiez à la lumière que vous avez bien couvert toute la surface. Laissez reposer 50 minutes, jusqu’à ce que 1e vernis soit presque sec, mais happe encore, et appliquez une couche de vernis à craqueler. De même, couvrez bien toute la surface. En 15 minutes environ, celle ci commencera à craqueler. L’effet ne sera spectaculaire qu’au bout d’une nuit.

L’étape suivante consiste à frotter la surface de peinture à l’huile terre d’ombre avec un chiffon doux pour souligner le réseau de craquelures. L’objet acquerra aussitôt une belle patine. Enfin, appliquez une couche de laque puis, après séchage, une couche de vernis.

Remarque Les découpages anciens étaient vernis d’un très grand nombre de couches (jusqu’à quarante) poncées, afin que les collages deviennent pratiquement imperceptibles au toucher.