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Meuble de Louis XIII

On a coutume de grouper sous le nom de Louis XIII une période de transition qui, en réalité, débute à la mort d’Henri III (1589), et s’achève seulement à la prise de pouvoir personnel de Louis XIV (1661). La Renaissance meurt bien avant la fin du XVIe siècle. Dès les premiers troubles des guerres de religion, les créations originales se font de plus en plus rares, et ce n’est ni l’avènement du Béarnais, ni l’édit de Nantes qui rétablissent un climat favorable à l’épanouissement artistique, tant est profond l’appauvrissement du royaume. En 1608, Henri IV prend bien l’initiative d’installer dans les galeries du Louvre des artisans privilégiés, mais ces artisans sont, soit des étrangers, soit des Français que le roi a envoyés en pays flamands faire leur apprentissage artistique. Si le problème économique est en partie résolu par cette mesure on n’importe presque plus de meubles de l’étranger, on les fabrique en France le problème artistique reste entier : de tels artisans ne peuvent créer un art national. Deux ans plus tard, le royaume tombe entre les mains d’une régente ; deux reines étrangères dont l’influence sera rendue excessive par de longues minorités, vont se succéder sur le trône de France. Marie de Médicis est Florentine, mais elle est éprise d’art flamand, Anne d’Autriche est Espagnole, mais elle est dominée par un cardinal italien. Que peut le court gouvernement personnel de Louis XIII pour interrompre ou combattre ces influences prédominantes ?

Ainsi pendant plus d’un demi siècle, l’art français se cherche, soumis aux influences les plus diverses. Une série d’essais qui seront tantôt des échecs, tantôt des réussites jalonnent cette période confuse, à laquelle manque une physionomie bien tranchée.

Il se passe alors pour le mobilier une sorte de scission ; d’une part la bourgeoisie et la petite noblesse, qui ont pris le goût de se meubler sous la Renaissance, continuent à utiliser le mobilier du xvi8 siècle à peine modifié, d’autre part la cour, presque entièrement étrangère, fait venir des meubles d’Italie, d’Espagne, des Pays Bas, ou bien elle demande aux artisans français de les reproduire aussi fidèlement que possible.